Le Kiosque Média

"Notre métier n’est ni de faire plaisir, ni de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie." - Albert Londres

11.16.2007

« Veux-tu mon poing dans la face? »


Sur le site Carrefour de lutte au décrochage scolaire.

Un rare mélange de fautes de français, de détournement de questions et de ce style mougnou-mougnou qui est le chlamydia du monde scolaire. Le tout devrait convaincre n’importe quel jeune le moindrement mature de lâcher l’école au plus vite.

Voyons un peu la partie qui s’adresse à un jeune de 6e année :

Je suis en 6e année...

Très bientôt, tu entreras à l’école secondaire.

Est-ce que c’est vrai qu’il y a des membres de gangs de rue, des batailles, de la drogue dans les écoles secondaires ?

Tout d’abord, il n’y a pas plus de violence aujourd’hui qu’il y en avait il y a quelques années (les études le disent).

(On se demande pourquoi les auteurs ont imaginé cette question s’ils n’avaient pas l’intention d’y répondre. Mettons qu’il n’y a pas plus de violence ; y a-t-il oui ou non des membres de gangs de rue ? De la drogue ?

Puis, suit un petit commentaire qui devrait rassurer tous les jeunes et leurs parents :

En plus, souviens-toi que dans une école secondaire, il y a une foule de ressources. Si tu as besoin d’aide ou d’un conseil, parles-en : (...)

et n’oublie pas les autres adultes autour de toi, parles (sic) : (...)


Et on termine par cette mini-capsule psychologique qui repousse les frontières de l’insignifiance :

« La violence ne fait jamais de bien à personne. Et surtout pas à ceux qui ont des comportements violents. Tu n’as donc pas à te sentir intimidé(e) par quelqu’un qui a des attitudes violentes. »

En bref, si un ado bâti comme un classeur dit : « Tu vas avoir mon poing dans la face », l’éventuel récepteur du poing n’a pas à se sentir intimidé. Par ailleurs, il doit réaliser, tout en tombant par terre, que sa douleur ne fait « surtout » pas de bien à son agresseur. Il devrait peut-être le plaindre ?

Signalons au passage la beauté de la phrase suivante : « Si j’ai d’autres questions, à qui je peux m’adresser ? »

Qui est le géant mental derrière le site ? Quand on a fini de se renvoyer la balle bureaucratique, il reste deux responsables : le président du Conseil d'administration Don Taylor, la Directrice générale Michèle Glémaud.

La semaine prochaine, nous verrons comment notre duo scolaire s’adresse aux jeunes de secondaire 2.
 
Top Blogues